
La cible de cet arrêté : l'alcoolisme et non les épiciers de nuit qui pourront bénéficier - au début seulement - d'un certain seuil de tolérance.
Depuis un peu plus d'une semaine, les épiceries de nuit ne peuvent plus vendre d'alcool de 21 h à 8 h. En consommer sur la voie publique est aussi interdit
« Désolé, après 21 h, on ne peut plus vendre d'alcool. C'est tout nouveau, ça vient de sortir. » Cette phrase a été entendue peu après 21 h, au Carrefour city du boulevard Maréchal-Leclerc. Pas de chance pour ceux qui voulaient acheter un pack de bières à siroter, hier soir, devant France-Uruguay. La gorge est restée sèche. Il fallait faire ses emplettes plus tôt.
Cet ordre n'est pas tombé du ciel. Mais de la mairie de Toulon... Depuis un peu plus d'une semaine, un arrêté municipal interdit en effet « la vente à emporter de boissons alcoolisées de 21 h à 8 h du matin, sur tout le territoire de Toulon »*.
« Il s'agit d'un arrêté classique que l'on prend dans chaque ville, explique Hubert Falco, le maire de Toulon. Cela n'a rien d'exceptionnel. »
Des PV de 550 euros pour les contrevenants
Autre argument pour justifier cette décision ? La loi. Tout simplement. Avec cet arrêté municipal, la ville de Toulon s'est mise en conformité avec la législation nationale. « Nous nous sommes alignés sur la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) qui a été votée l'an dernier par le Parlement », poursuit Geneviève Levy, député et première adjointe d'Hubert Falco. Quant au choix de la plage horaire, « c'est la décision du maire », ajoute l'élue. Si l'interdiction est appliquée petit à petit, Geneviève Levy confie que les épiciers pourront bénéficier - au début - d'un certain seuil de tolérance. Elle promet aussi qu'il y a aura une phase de sensibilisation à faire dans les magasins. « On ne fondra pas tout de suite comme des mouches sur le miel », glisse-t-elle. Cela ne durera qu'un temps. Car après, les contrevenants pourraient se voir adresser des PV de 5e catégorie, soit 550 euros.
Boire sur la voie publique : interdit aussi
Quelle est la cible de cet arrêté ? « Pas les épiciers de nuit, répond Hubert Falco. Je n'ai absolument rien contre eux. » La cible, c'est surtout l'alcoolisme. Et pas que chez les jeunes. « On se doit de lutter contre l'alcoolisme de manière générale, rajoute Geneviève Levy. C'est très inquiétant d'entendre qu'il y a eu des comas éthyliques ici et là . Ou pire un mort à cause de l'alcool. » La prise en « catimini » de cette décision ? Le premier magistrat balaie l'accusation d'un revers de la main. « Je ne fais pas d'annonce à chaque fois que je prends un arrêté. J'en prends tous les jours ! »
Autre nouvelle : le maire n'a pas pris que cet arrêté. Il en existe un autre. Désormais, il est également « interdit de consommer de l'alcool sur la voie publique ». « Ces deux arrêtés vont nous permettre de se prémunir contre la vente sauvage de boissons alcoolisées », précise Hubert Falco. Lutter contre l'alcoolémie c'est bien. Mais avec ces deux décisions, le maire avait peut-être une autre idée derrière la tête. Aujourd'hui, il dispose de tout l'arsenal nécessaire pour faire annuler et interdire un éventuel apéro Facebook...
* Depuis la loi Evin, il était interdit d'acheter de l'alcool après 22 h.
(Source © Var Matin - Damien Allemand (dallemand@varmatin.com) - Photo : Eric Estrade)












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