Cela faisait de longues semaines que les gendarmes du Var étaient sur la piste d’un réseau organisé de machines à sous. Une commission rogatoire pour« infraction à la législation sur les jeux et association de malfaiteurs » avait été confiée par la juge d’instruction du tribunal de grande instance de Toulon Rachel Isabey aux enquêteurs.

Une machine, « baraque » ou « bingo », encore trivialement surnommée « gagneuse », peut rapporter à ses propriétaires jusqu’à 3 000 euros par mois.
Les investigations ont fini par aboutir ces derniers jours avec l’interpellation de douze personnes dans le Var, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes et le Vaucluse. Parmi les « cibles », des membres du réseau exerçant différents niveaux de responsabilités ont ainsi été arrêtés à Marseille, Fos-sur-Mer, Istres (Bouches-du-Rhône), Toulon, Fréjus, Saint-Cyr-sur-Mer (Var), mais aussi Gargas (Vaucluse). L’opération a eu lieu en collaboration avec les hommes du Groupement d’intervention régional (Gir) Provence-Alpes-Côte d’Azur, une structure pluridisciplinaire de lutte contre la grande délinquance.
À Istres, les enquêteurs ont par exemple procédé à une série d’investigations dans un bar très réputé du centre-ville et entendu en début de semaine l’un des deux propriétaires.
De l’argent réinvesti dans le deal de drogue
Une dizaine de machines à sous, qui permettaient à leurs « placiers » et à leurs propriétaires de gagner de l’argent, ont été saisies. Des numéraires et plusieurs armes de poing ont également été découvertes en perquisitions par les gendarmes. Selon nos informations, au moins quatre des membres du réseau ont été écroués dans divers établissements pénitentiaires de la région.
L’exploitation des « baraques » ou « bingos », encore surnommées « gagneuses », est un commerce illicite – certaines équipes en contrôlent parfois jusqu’à 200- qui rapporte environ 3 000 euros par mois. Les gains sont en général répartis à 50 % pour le propriétaire et à 50 % pour le gérant de bar qui accepte de les placer dans son établissement. Un job lucratif qui aiguise les appétits et continue de se traduire par des « guerres de territoires » qui tournent parfois aux règlements de comptes.
L’argent des machines est ensuite réinvesti dans le deal de drogue ou l’achat d’armes. Le juge d’instruction Rachel Isabey se refusait hier à toute communication sur son enquête, des investigations étant toujours en cours. En dépit de nos efforts, le procureur de la République de Toulon, Xavier Tarabeux, n’a pu non plus être joint.
En avril 2011, un réseau avait déjà été démantelé par les gendarmes entre Marseille et le Var, 40 personnes interpellées et 70 machines à sous avaient été saisies.
Source © La Provence par Denis TROSSERO et Stéphanie DURAND-VIAL – Photo © Patrick Nosetto
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